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29 mars 2011

des émotions...

Les dernières semaines ont été riches en émotions. Quand la terre a tremblé, au Japon, le 11 mars dernier, Kinkakuji - Le temple du Pavillon d'or - terminait  sa tournée à Osaka et Zed, le spectacle du CdS, faisait relâche. Quelques jours plus tard, Johanna Lillvik - la formidable chanteuse finlandaise qui incarne notre déesse Nouit - m'écrivait ce mot: "Dear Serge, our daughter was born and the snow was falling heavily that same morning in Tokyo – rarely at this time of the year. She’s been home for one hour when the earthquake struck and I thought we were gonna lose her and our lives during the scariest moment of my life. We are now a safer distance from Tokyo, at Fukuaka, trying to figure out what is the next move.”

Je pense à cette petite fille née dans la tourmente et le chaos…

On me dit qu’aucun artiste n’a été blessé pendant la catastrophe et que le théâtre n’a pas subit de dommages, mais qu’il demeurera néanmoins fermé pendant quelques semaines, le temps de s’en assurer et de voir comment la situation évolue à Fukushima.

La semaine suivante s’est passée dans l’attente de nouvelles et en conférences données aux universités de Stockholm et de Copenhague. Apparemment plus ébranlé par tout cela que je ne l’aurais d’abord cru, je n’ai su leur parler que de littérature posthistorique et leur lire des extraits des Baldwin, avant d’ouvrir la discussion sur la terrible menace qui pèse sur le Japon et sur le monde.

Ironie du sort, j’ai visité Hiroshima pour la première fois un mois plus tôt avec Marie-Pierre. Nous y avons, bien sûr, visité le Mémorial pour la paix. J’ignorais encore, à ce moment, que le Japon compte 54 centrales nucléaires sur son territoire, ni qu’elles sont presque toutes situées au bord de la mer…

Il m’est facile d’imaginer un sage visiteur d’une galaxie éloignée, aisé de le voir parcourir notre monde dévasté et demander aux survivants : « Que s’est-il donc passé ici? Quoi?! Vous connaissiez le secret de l’atome? Vous saviez que cette région de votre planète était la plus vulnérable sur le plan sismique et vous y avez quand même construit des centrales nucléaires? Mes pauvres enfants, mais qu’est-ce qui vous a pris? »

Je l’imagine très facilement hocher sa grosse tête bleue de cétacé rachitique et nous faire la remontrance. Qui aura l’audace de lui expliquer notre turbo-libéralisme de merde et notre système de gouvernements nationaux? Lequel de ces Baldwin aura le cran de dire à ce visiteur incrédule que les Japonais n’ont pas eu le choix? Qu’ils étaient le deuxième pays importateur de pétrole au monde et que l’énergie nucléaire, malgré ses dangers, – et malgré le profond traumatisme provoqué par les bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki – représentait pour eux la seule solution viable dans un monde dévoré par la compétition, le rendement économique, la croissance du PIB et la performance boursière?

Ce ne sera pas moi.

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