Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04 janvier 2012

On ne sait pas grand-chose

 

On ne sait pas si c’est de la pluie, de la neige ou de l’acide

On ne sait pas si la terre se réchauffe ou si elle tremble

On ne sait pas si c’est parce qu’elle a peur de nous

On ne sait pas si l’enfant qui gît dans une rue de Homs aurait été le prochain Picasso, ou le prochain Einstein

On ne sait pas si Al Assad dort bien la nuit

On ne sait pas à quoi ressemblent les cauchemars d’un chien

On ne sait pas grand-chose

On ne sait pas si c’est de la pluie, de la neige ou des tonnes de morphine pulvérisée

On ne sait pas si le téléphone intelligent va faire entendre sa stupide sonnerie kitsch et qu’au bout du fil anachronique, il y aura la voix de l’être aimé ou celle d’une cyber-vendeuse de polices d’assurance

On ne sait pas si quelqu’un viendra pour vrai, en personne, avec ses obsessions, ses phobies, son odeur de transpiration et ses mains

Ses mains divines

On ne sait pas, c’est tout, on ne sait pas…

Si ça va continuer encore longtemps

Si la prochaine crise sera la bonne

Si les bonnes gens vont continuer de plébisciter des tyrans

Si le vin va manquer

On ne sait pas qui colonise nos cerveaux

Qui n’en aura jamais assez

D’or, de pétrole et de jeunes filles en fleur

Qui rêve de contrôler la croissance démographique

Qui voudrait que nous soyons plus productifs à moindre coût

On sait seulement que ce sont les mêmes

Toujours les mêmes qui aspergent ou qui sont aspergés

J’ai le syndrome d’Asperger

Et ça ne se voit pas trop, mais je sais des tas de choses :

Que la terre ne tremble pas pour rien, pas juste pour faire la folle

Que les cauchemars des chiens ne sont pas plus jojos que les miens

Qu’il y a un sens à tout ce non-sens

Que demain n’est pas un autre jour

Que demander l’impossible devient un devoir civique

Par exemple aussi

Je sais qu’elle reviendra

Qu’il sera tard, peut-être trop

Mais qu’elle aura tes yeux

Que la nuit sera longue

 

On ne sait pas grand-chose

On n’arrive pas à dire ce qu’il faut

Pour changer de dimension

S’arrimer à cette imposture

Marcher sur la terre et trébucher sans avoir à s’excuser

On n’arrive ni à prendre racines ni à hisser les voiles

On n’y arrive tout simplement pas

Et c’est pour ça qu’on persiste et qu’on signe

Serge Lamothe, le 27 décembre 2011

Les commentaires sont fermés.