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21 décembre 2012

Nuit Blanche - Simon Roy

En voici un qui a compris qu'il y avait quelque chose à comprendre...

Revue Nuit blanche, décembre 2012,

Les enfants lumière, par Simon Roy (extrait)

Paru chez Alto, ce roman à la fois festif et cérébral est caractérisé par une virtuosité linguistique, une inventivité exacerbée en raison de l’exposition d’un imaginaire surréel fantaisiste qui n’est pas sans rappeler le Vian des premières explorations littéraires, époque Vercoquin et le plancton.

Or si Serge Lamothe étonne par sa verve, c’est surtout pour la profondeur politiquement cohérente de son imagination débridée que l’on doit reconnaître la pertinence du projet de cet aspirant virtuel à l’école de Pataphysique.

Le regard allégorique préoccupé qu’il pose sur les dérives des régimes politiques tout-à-l’argent mérite que l’on aille au-delà de la simple peinture de ces créatures monstrueusement merveilleuses. Car même s’il ne résiste pas à la tentation du freak-show spectaculaire, Lamothe canalise l’exploitation de ses personnages mutants en dirigeant le tir vers une critique à l’endroit de la chose politique où l’on repèrera aisément la finalité des allusions : on assiste ainsi à la fin du régime turbolibéral de même qu’à la dissolution du cybercapital.

« Soudain, quelqu’un hurle dans un porte-voix des paroles indistinctes. C’est un ordre de dispersion, mais cela ressemble davantage à un cri de guerre. » Baignant dans un climat d’insurrection sous haute tension sociale, la posthistoire ici narrée semble vouloir donner un écho excessif, une projection amplifiée aux événements qui ont marqué le Québec au printemps 2012.

S.R.

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