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19 août 2014

Rencontrer Georges Meurdra et son oeuvre

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                                  KAYDARA, par GEORGES MEURDRA

L’équilibre irréfutable mais précaire (l’équilibre est une métaphore de la précarité) dans lequel les pièces de Meurdra se tiennent, ne saurait vous retenir. Elles évoluent, dubitatives et esseulées, à la limite de ce point de rupture au-delà duquel elles basculeraient et où, dans une involontaire anticipation de ce mouvement, vous basculez avec elles. Elles paraissent éprouver à l’excès ce vertige de l’être se tenant à la périphérie de tout (y compris de lui-même) et, avec elles, vous l’éprouvez malgré vous.

 

 « L’humain n’est pas représenté dans ma sculpture, mais c’est néanmoins l’humain que je recherche. Toujours l’humain… » lâche Meurdra, et c’est vrai qu’il n’y a plus rien d’humain ici (rien de ce que nous connaissons, rien de ce que nous en croyons connaître) et c’est peut-être parce que l’humain commence ici dans sa plénitude, au lieu même où il finit de disparaître et où le sens de sa disparition se révèle enfin dans sa nudité primordiale, que les pièces de Meurdra affirment toutes leur impossibilité. C’est en cela, me dis-je, qu’elles sont irréductibles.

 

Une chose étrange se produit alors : si colossale et solidement ancrée qu’elle puisse paraître, la sculpture de Meurdra semble souvent sur le point de prendre son envol. Cette légèreté, sans cesse contredite, toujours contrecarrée – associée aux tensions extrêmes endurées par le métal – énonce une vérité sensible, qui demande presque à être touchée…

 

Ce travail, en effet, ne cherche pas à vous soumettre à sa vérité, et s’il se refuse à l’éblouissement, c’est que la facilité lui est étrangère. Parce qu’elles sont saturées d’être, les pièces de Meurdra répondent à une exigence impérieuse : affirmer leur présence au monde en dépit de tout, même – et peut-être surtout – en dépit d’elles-mêmes et de leur créateur. A moins qu’elles ne tentent désespérément de rentrer en elles-mêmes ou, au contraire, de s’extraire de leur gangue, elles semblent tout à la fois vous inviter à la danse et vous tenir à distance. Elles font, le plus souvent, cavalier seul. Rien au monde ne saurait les distraire du centre de gravité que, pourtant, elles dissimulent jusqu’à l’escamotage.

 

Serge Lamothe, 2007.

  

Georges Meurdra, sculpteur, français

                        Mano a mano, par Georges Meurdra

                        150 X 150 X 45 CM, métal, 2005.

 

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Jardin d'Eden

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VENICE