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10 décembre 2008

Mocha Dick Baldwin à la Galerie Monopoli

Le 24 octobre dernier, à la galerie d'architecture Monopoli, à Montréal, avait lieu le vernissage de l'installation collective Les Archi-Fictions II. (Au 181, rue Saint-Antoine O., à Montréal, jusqu'au 1er mars 2009.) 

http://www.galeriemonopoli.com/?page_id=444

Ce projet un peu fou (de l’avis même de la commissaire Sophie Gironnay…) permet à des architectes et à des écrivains de collaborer à la réalisation d’une œuvre originale alliant la littérature, l’architecture et la performance. Pour l’occasion, j’étais jumelé à l’excellent architecte montréalais Richard de la Riva. Notre mission consistait à créer une œuvre de fiction et une installation architecturale sur le thème des Frontières émouvantes.

 

Serge ds Mocha Med.jpg

 

Il en a résulté cette baleine mythique : Mocha Dick Baldwin (une nouvelle que l’on peut d’ores et déjà lire dans le catalogue de l’exposition et qui figurera sans doute dans le second tome des Baldwin, à paraître… prochainement!), une lecture de l’admirable comédienne Hélène Loiselle ; mais surtout, cette installation de Richard de la Riva.

 

 

Sophie_Rich Med.jpgSophie & Richard

Intention:

Le cheminement de chacun vers la frontière peut prendre plusieurs voies et le tracé de ses limites, plusieurs formes. Notre frontière s’incarne dans une baleine, un cétacé dont l’apparition surréaliste, à la fois symbolique et sémantique, signale une utopie : la fin du turbo-libéralisme.

Pour nous, dès le départ, la baleine s’imposait comme frontière géopolitique, historique et sociale. Déjà en ceci qu’elle suscitait des controverses et présentait une réalité extérieure en plus de proposer une expérience intérieure.

Le flottement des lignes représente une projection de cette frontière indiscernable où se rencontrent monde intérieur et monde extérieur. Le dessin, et nos desseins, y prennent corps.

A l'instar d'un pavillon d'interprétation érigé à la mémoire d'un évènement historique, notre installation parle toujours de l'expérience de la baleine. Il s'agit d'une construction qui a évolué au fil des générations et qui accepte l'interprétation architecturale : de nouveaux membres construits remplacent désormais la chair originelle de la baleine, devenue poussière depuis des siècles. Nous avons imaginé qu’au cœur de ce mémorial, chacun pourrait contempler un peu de soi : un fragment d’humanité.

 RdR & SL

Extrait :

« C’est peut-être une histoire vraie, une histoire de revenants qui, pour une fois, serait véridique. L’histoire d’une conspiration que personne n’aurait vue venir ; pas une histoire de cul, ni une autre histoire de fin du monde et pas une histoire sans fin, non plus : une simple histoire vraie, avec un début, un développement et une résolution plus ou moins prévisible, un peu comme dans les films de Bollywood.

Ça ne voudrait rien dire et ça le dirait quand même. Ça parlerait malgré nos dénégations. Même mort, même enterré vivant, ça dirait nos interdits, nos peurs et les convulsions de nos cœurs. Ça gueulerait si fort que ça te défoncerait les tympans. On travaillerait plus, ça nous travaillerait. On ne se démangerait plus, ça nous démangerait. Ça ne commencerait pas nécessairement par le début et ça ne finirait sûrement pas par la fin. Ça aurait le dernier mot de toute façon. Ça nous ferait réfléchir un peu, juste avant de nous endormir. Et ça serait gratuit.

Ça serait ça, puis on en parlerait plus. »

S.L.

Mapi ds Mocha Med.jpg

 Et quel sera le prochain thème des Archi-Fictions? hm?